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Langue de bois, ou l'art de donner sa langue aux chattes

dans la catégorie Rencontres Amicales

langue_de_boeuf.jpgPour passer une bonne soirée vineuse, il y a quelques règles élémentaires à respecter. Un, évitez les vins trop natures, le genre sans soufre mais qui souffre, le genre qu'on déguste, mais avec précaution et sans modération, des vins de contre-culture, plus authentiques, plus à même d’exprimer leur terroir mais qui ne ménagent ni la chèvre ni le choux. Comme Macron, des vins en marche, qui marche dans notre société où les extrêmes sont de plus en plus valorisés. Avec les vins "nature" et l'andouilette, la politique n’est jamais loin et c'est le deuxième sujet de conversation à éviter sous peine d'atteindre très vite le point Godwin et de voire amalgamer capitalisme et MacDonaldisation de la planète, Staline et Mélenchon, alors que nous savons tous qu'on reconnait les communistes au fait qu'ils sont fous, possédés par le diable, qu'ils mangent les enfants et, en plus, ils manquent singulièrement d'objectivité. En parlant de manger des enfants, la troisième chose à éviter, c'est de manger des enfants ou des trucs chelou, comme des langues de belles mères, des langues de putes ou de bœuf préparées par un explorateur culinaire du nom de Paul, Emile ou Victor. Dernière chose, il faut éviter d'inviter une femme.

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Sacerdoce ou la semaine du père pinard

dans la catégorie Notre vin quotidien

1685749.jpgBonjour, en ce dimanche, le jour des manches, je m’apprêtais à vous poster une pige-poubelle de fin de semaine et puis je me suis rendu compte que c’est demain que passent les éboueurs, aussi, leur ai-je facilité la tâche en opérant un tri sélectif de mes bouteilles de la semaine. Et la semaine a été aussi copieuse qu'un plat à la Taverne Alsacienne. En fait, on n'a pas commencé la semaine par la Taverne, mais par la péniche. En fait, deux magnifiques bateaux spécialement affrétés pour une nuées de restaurateurs venus goûtés les vins qu'ils ne serviront jamais. Pourquoi servir des bons vins avec peu de marge plutôt que des petits vins pas bons sur lesquels ils vont pouvoir se goinfrer comme des pourceaux. En moins de temps qu'il ne leur en faut pour arnaquer le fisc et se payer un 4x4 rutilant, dans lequel ils feront tremper leurs gros culs de parvenus, concentrés comme un chapelet d’hémorroïdes autour d’un trou de balle, ils goûtent avec le regard vengeur, le glaive séculier et la calculette en bandoulière accompagnés de leurs rombières, le genre qui a ouvert plus de braguettes que de grands crus. Bref, le genre de restaurateur qui ne respire pas la foi en Bacchus et chez qui le seul vrai choix, c'est de boire de l'eau même si ce choix aura pour seul effet que le patron se sente outrager dans son intimité la plus intime, ce qui est le propre de toutes intimités. Accompagné de mon fidèle Rage, nous avons goûté 46 vins (sur les plus de 300 proposés) avant que mes papilles ne rendent l'âme. Du bon, peu de très bon, et des marges bénéficiaires probablement éléphantesques à prévoir.

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En costard Armani dans les vignes

dans la catégorie Notre vin quotidien

denavolo_01.jpgGiulio Armani est un théoricien, un introspectif et un érudit du vin. Derrière son sourire, se cache un éternel insatisfait qui cherche toujours à faire mieux, qui expérimente toujours. Sur les pentes stupéfiantes d'Emilie-Romagne, sur les contreforts des Apennins, là, où il a fait son vin, avec ses convictions, il se demande pourquoi le monde a-t-il décidé que les vins rouges et blancs devaient être faits différemment? La non macération des blancs bride-t-elle le potentiel de grand vin blanc? Fort de ses certitudes, il a abandonné le bois, les macérations courte, sélectionné ses meilleurs parcelles, s'est mis en harmonie avec la nature, le tout taillé dans la roche de ses principes. L'histoire de Denavolo a commencé en 2005. Cinq hectares de vignes plantées dans le Colli Piacentini, une partie de la montagne Denavolo. Des sols raides, sablonneux, riches en calcaire, à 350-500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Un climat chaud et sec, des fluctuations de température entre la nuit et le jour de plus 10°C font ici, des vins avec une belle fraîcheur et une forte minéralité. Une première cuvée en 2006, et déjà, des réponses aux questions de Giulio Armani. En quelques années, Giulio Armani est devenu une icône des vins de macération Italiens. Catavela est un original mélange de deux vins. Le premier est un assemblage de Malvasia, de Marsanne et d'Ortugo laissés sur leurs peaux pendant environ quatre mois. Le deuxième vin est issu deux parcelles plantés d'Ortugo, de Trebbiano, de Malvasia, de Marsanne, de Santa Maria, de Sauvignon Blanc et de Mascate. Ces raisins subissent une période de macération plus courte d'environ dix jours, pour ne pas trop les charger en tannins. Le sol de ses parcelles étant plus riche en calcaire. Cette technique de macération longue, qui nécessite une qualité sanitaire des raisins impeccables, permet de récupérer, dans la pellicule du grain de raisin, des arômes variétaux libres, des précurseurs d'arômes, et des polysaccharides (cellulose, pectine, arabinose, ...) ainsi que des composés phénoliques qu'il faut éviter de trop extraire pour que le vin ne soit pas trop amer. De la théorie à la pratique, le résultat est bluffant.

Azienda Agricola Dinavolo Catavela 2014catavela2014.jpg

Même s'il est classé dans les vin orange, la robe est plus jaune qu'orange et un peu trouble. Le nez est puissant, racé, très original, aromatique, racinaire, sur la gentiane, les fruits jaunes, le miel, la cire, l'écorce d'orange et le zeste d'agrume. L'attaque est fraîche, vive, puis le gras s'installe, le vin devient plus rond, plus aimable avec une légère structure tannique. C'est léger (11°), avec une finale fraîche et persistance. Un joli vin que l’on peut boire en apéritif, avec une volaille ou du fromage. Un vin qui ne laisse pas indifférent et permet une palette d’accords mets et vins étonnants. Très bien

Adonique ta mère

dans la catégorie Notre vin quotidien

adonis.jpgSocrate, à moins que cela ne soit Hérodote, m'a conté l'histoire d'Adonis. Un jeune homme d'une grande beauté et à l'histoire pas ordinaire. Même si Hérodote radote dans son coin, Socrate m'explique qu'Adonis était né de la relation incestueuse d’un père et de sa fille. Le père se nommait Cinyras, fils de Pharnace, le pharnacien du village. Il était le fondateur de la ville de Paphos à moins que ça ne soit Pasvrai, dans l’île de Chypre. Le roi Cinyras et son épouse Cenchreis eurent une fille appelée Smyrna ou Myrrha ou Métharmé, le vin aidant, Socrate était de moins en moins précis. Un jour, la reine se vanta imprudemment, elle insinua que sa fille, Smyrna ou Myrrha ou je ne sais quel autre prénom, était plus belle qu'Aphrodite elle-même. Faut savoir que les déesses de l'époque était un brin rancunière, voire inamicale, Aphrodite se vengea de l'insulte en faisant naître dans le cœur de Smyrna un amour incestueux qui la fit entrer dans le lit de son père par une nuit très sombre, mais un peu sexuelle quand même, avec la complicité de sa nourrice, Hippolité Girardot, qui l'avait enivré au point de ne plus savoir ce qu'elle faisait. Par la suite, Cinyras s'aperçut qu'il était à la fois le père et le grand-père de l'enfant de Smyrna ou Myrrha, fou de colère en découvrant le pot aux roses, il fut pris d'une folle envie d'inciser l'incestueuse. Les dieux prirent en pitié la pauvrette et la transformèrent in extremis en arbre à Myrrhe, d’où le prénom Myrrha. Un sanglier un peu con, cogna sa tête dans l'arbre et le bel Adonis en sorti. L'histoire de ce vieux fou de Socrate se tient, contrairement à lui qui tangue dangereusement vers Hérodote, qui radote toujours.

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Faut r'connaître… c'est du brutal !

dans la catégorie Humeurs et gueule de bois

vachier_.jpgD’habitude, ceux qui ont la malchance de me connaissent vous le diront, je ne suis qu'amabilité, délicatesse, un petit colibri virevoltant dans le brouillard existentiel. Mais les turpitudes quotidiennes me submergent et ma carapace de clown s’effrite comme un morceau de teushi. Pourtant, je n’ai aucun souci de santé, enfin pas de problèmes majeurs en tous cas. Mon foie me rappelle à l'ordre de temps en temps, mais je n’ai pas de cirrhose, déclarée Sécu en tout cas. J'ai mal au dos, comme tout le monde, mais, dans l’ensemble, je clopine normalement, ça devrait passer le prochain contrôle technique. Alors, pourquoi cette morosité? Hier soir, j'ai ouvert une bouteille de "Brutal" et ce matin, à la radio, après le flot habituel de mauvaises nouvelles, Hervé Mariton, après avoir soutenu Juppé, tentait de me convaincre que Fillon était un homme honnête et patati et patata. Je ne sais pas qui est le plus brutal, le vin ou le discours de Mariton, mais deux mots, assez courts, me sont venus immédiatement : "Va chier"! Face à l'absurdité de la situation, c'est la seule chose qui me soit venue … Va chier! Excusez cette réaction épidermique, excusez-moi de paraître si direct, corrosif et avec un argumentaire aussi peu construit, mais va chier quand même! Je n’en peux plus du tout de ces cons, de ce racisme ambiant, de ces réactions disproportionnées concernant l’accueil de réfugiés fuyant leurs pays, ou plutôt ce qu’il en reste, à qui on dit: Allez chier ailleurs!

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Soleil jaune

dans la catégorie Sortie Vinoche

maxresdefault.jpgDans l'arrière-pays australien, à la fin du XIXème siècle, deux hommes situés aux deux extrémités de la loi passent un marché secret et décisif... Le Capitaine Stanley s'est juré de civiliser le bush australien, sauvage et violent. Ses hommes ont capturé deux des frères du gang Burns : Charlie et Mike. Bagnards évadés devenus hors la loi, ils ont été jugés responsables de l'attaque d'une ferme, de viol et de l'assassinat de toute la famille. Arthur, le plus âgé des frères Burns et chef du gang, s'est réfugié dans la montagne. Le Capitaine Stanley propose alors un marché à Charlie Burns, retrouver son frère aîné en échange de son pardon, et de la vie sauve pour le jeune Mike. Charlie a neuf jours pour s'exécuter, pour exécuter son Frère aîné et sauver son plus jeune frère... L'un doit vivre, l'un doit mourir et l'autre décide. Pour commencer, il y a Nick Cave au scénario et à la musique, et rien que ça, c'est déjà quelques choses. Après le compositeur chanteur hallucinant, après l'auteur de putains de romans comme "Et l'âne vit l'ange", et surtout "la mort de Bunny Munro", voilà le troisième versant du Nick, le scénariste. Putain, j'aime ce type… Puis il y a John Hillcoat, le réalisateur de "La Route", qui est obsédé par l'idée de réaliser un western australien situé dans l'outback, mettant en scène le conflit entre les aborigènes et les Bushrangers. Il a développé cette idée avec Nick Cave. Il en résulte un western, dans une Australie colonisée par l'Empire britannique, un western sauvage, violent, cruel, halluciné, crépusculaire, cramé, transcendé par la lumière et le décor naturel du bush australien.

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Poncif pour Pontife

dans la catégorie Notre vin quotidien

2015-06-21-vive-les-vins-libres.jpgLe poncif, ou lieu commun, est un peu comme le phénix, on n'en a jamais vraiment fini avec lui. Il renait toujours de ses cendres. Il est difficile à combattre, c'est un paradoxe, si on s'élève contre le poncif, on est rattrapé par le lieu commun, contre lequel se dresse un nouveau paradoxe, lequel n'est autre que l'ancien poncif, et ainsi de suite, le phénix renait de ses cendres. Le poncif tire son nom de poncer et pas de penser. C'est d’abord un dessin dont le tracé, percé de nombreux trous, peut être reproduit sur tout type de surface si l’on promène sur les contours un petit sac rempli d’une poudre extraite de la ponce. À partir de cette idée de dessin reproductible à l’envi, poncif a signifié le dessin sans originalité et, enfin, le lieu commun, le cliché. Il importe de ne pas confondre le poncif avec son paronyme, pontife, qui désigne un membre d’un collège de prêtres, mais s’emploie essentiellement pour désigner le premier d’entre eux, le souverain pontife ou le pontife romain, le pape. Même s'il ne faut pas les confondre, il y a des poncifs sur les pontifes, romain ou Castelpapal.

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Accord imparfait ou désaccord parfait, boire et déboire

dans la catégorie Rencontres Officielles

degustation-prestige.jpg.jpgFaut-il accorder un plat? Comme ça, à brûle pourpoint, et si tant est que vous aillez un pourpoint à brûler, vous allez me répondre "ben ouais, trop carrément, c’est trop bien l'accord, c'est hype, par exemple… bon là j’ai pas d’exemple qui me vient en tête, mais, bon, je ne sais pas, par exemple… mon cousin, il te demande, bon, et là… enfin, bon, ouais, c’est super l'accordage, sauf si c'est un piano". Même si c’est une réponse peu argumentée, vous n'auriez pas tort. Dans la mesure où je ne suis que rarement d'accord avec les autres, moi compris, l'accord est en effet quelque chose de complètement surestimé, au même titre que le folk, l'amour ou le doigt de JeanDa dans le Nutella, mais pour des raisons différentes. Prenez ce tripier du XVIIIe siècle. Lui et ses collègues de la triperie ont faim. Mais ils sont bien embêtés, ils n'ont pas de conserves en réserve, soudain pris d’une impulsion aussi subite que géniale, le chef tripier s’exclame "oh tiens, si je mélange les restes du cochon, les carottes et les oignons avec un bon vin rouge, ça donne un truc pas dégueu, je vais appeler ça daube de joue de porc confite au Thym et à l'orange en hommage à Pagnol. Avec ça, on va boire un bon Châteauneuf en hommage à mon cousin Jacques Perrin. Alors d’accord, il a fait preuve d’imagination. Il a accordé son violon et son plat. Mais est-ce vraiment grâce à lui si le vin s'accorde si bien avec le plat? Perso, je suis totalement en accord avec ceux qui pensent que c'est un désaccord parfait.

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Sayonara pas pour tout l’monde

dans la catégorie La tournée des vignes

BourgognTourisme.jpgPartir de bon matin avec deux profs pour une virée vineuse est une situation des plus stressantes. Je te sens perplexe, mettons-nous en situation. Il est 5h30, j'attends depuis 22 secondes que Rage, professeur de flute à bec verseur, et Jean, professeur de théologie ninja, veuillent bien arriver. Ma patiente a des limites, environ 30 secondes. Je suis au volant de mon fidèle destrier, il fait beau, le vent s’engouffre dans mes cheveux auburn, je me sens jeune, je me sens fou, j'ai envie de soulever le monde, les oiseaux chantent, les rosiers sont en fleurs, il pleut sur le lac Majeur mais je m'en fous, vu que j'attends comme un con, à 5 heure du mat en plein hiver. J'allume la radio. Je tombe sur Ali Pitivinblanc qui anime, avec la verve qui le caractérise, un passionnant débat entre un type qui est contre l’interdiction des langues de belle-mère en biologie moléculaire et un type qui s’en fout, mais qui fait semblant d’être contre, histoire de faire chier l'autre. Au bout d’une douzaine de secondes, je commence à vaguement envisager une dépression, alors je zappe sur France info-bidon où Ambroise Moygranfou anime, avec la verve qui le caractérise, un passionnant débat entre un type qui est pour l’interdiction des langues de belle-mère en biologie moléculaire et un type qui s’en fout, mais qui fait semblant d’être contre, histoire de faire chier l'autre.

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Une goutte d'eau dans l'amer

dans la catégorie Notre vin quotidien

Champagnevraket land 2010C’est une histoire au goût amer, tout le monde ou presque, un jour y a goûté. Quand je broie du noir, je me rappelle un vieux polar tombé du placard sur une envoutante musique, Sammy Davies junior chantant Mr Bojangles. Souvenirs! Convoqués tout au long de notre existence, les souvenirs de jeunesse nous disent qui nous sommes. Pendant toute notre existence, nous dialoguons avec nos souvenirs. À travers eux, nous forgeons une partie de notre personnalité et de notre rapport au monde et au goût. Quand on est jeune, on perçoit le monde avec sérieux, on fait tout avec sérieux. Nos sens, visuels, gustatifs, olfactifs, sont des capteurs qui se traduisent en émotions. Quand j’ai commencé à boire du vin, très jeune, j’ai, inconsciemment, commencé à définir mon propre rapport au goût. Comme beaucoup, j'ai d'abord aimé les vins riches, puissants, denses, extraits. J'avais également un gros faible pour le sucre des liquoreux. Je suis devenu raide dingue des Syrah herculéenne et des sucrettes. Plus c’était puissant, plus ça m’impressionnait, plus c'était sucré, plus j'en buvais. Puis j'ai bu, beaucoup bu, beaucoup lu, plein de livres plein de vins, parfois bon, parfois moins bon, les livres comme les vins.

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Marche et démarche

dans la catégorie Rencontres Amicales

requin.jpgPour bien marcher, il faut marcher sans penser. Sans penser aux Magnums qui nous attendent, sans se demander si marcher est une démarche saine, sans me demander si Noel Mamère était mon père, ou pourquoi les cannibales n'avaient pas de cimetière. Puis-je me considérer comme fin gourmet alors que j'adore ajouter des cacahouètes dans mes crêpes au Nutella? Pourquoi j'ai peur des requins, même dans ma piscine. Pourquoi me demander si le radis est radical? Et comment Donald Trump a t'-il résolu l'hypothèse de Riemann? Pour ceux qui n'auraient pas fait maths en première langue, disons que l'hypothèse de Riemann fait partie des sept problèmes du millénaire. C'est une conjecture, relativement simple, émise il y a 150 ans et qui, depuis, résiste aux plus chevronnées des mathématiciens. En gros, c'est la Romanée-Conti du Soiffard, le Graal des mathématiciens. En la résolvant, on ouvre la perspective d'établir la carte des eaux brumeuses du vaste océan des nombres. Si nous pouvions trouver le secret nous permettant de naviguer sur les nombres premiers, qui sait alors ce que nous trouverions au-delà? Pourtant, cette démonstration réputée impossible a été résolu par Donald Imself.

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Le tour du monde en 80 ballons

dans la catégorie Rencontres Officielles

tour_du_monde_80_ballonsGardiens de la tradition française, talibans de la Bourgogne, ayatollahs du Bordelais, de grâce ne nous décapitez pas ! Pas encore… A l'initiative de Phileas Fogg, alias le Doc, flegmatique, et énigmatique gentleman, nous allons faire le tour du monde du vin. Pendant ce voyage, je tiendrai le rôle de Jean Passepartout, pas le nain, mais le domestique français de Phileas Fogg, John aurait dû être Lord Albermale, évidemment, il sera remplacé par Pascal, Dom sera le Révérend Décimus Smith, le prédicateur mormon, Christian sera Samuel Fallentin le banquier, Rage sera Fix le policier et JeanDa sera Kiouni, l'éléphant. Le reste de la troupe de saltimbanques du vin se partageant les autres rôles. L'Ermite insistera longuement pour avoir le personnage de Mrs Aouda, la belle jeune femme indienne, sauvée du bûcher par Passepartout et qui, l'ingrate, épousera Phileas. Gégé insistera longtemps pour faire comprendre au vieil Ermite qu'il n'avait rien d'un indien, et encore moins d'une belle indienne, même avec du rouge à lèvres et des plumes dans le cul.

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Le syndrome du palindrome

dans la catégorie Inclassables mais classés

vp.jpgUn jour glacé, un ciel détrempé rythmé par des sternes qui dessinaient un linceul d’été. Un cri étouffé perdu dans les jappements d'un pygargue. Les jupons des rares passantes s'envolaient de rafale, mouillé de quelques gouttes, comme un parfum dissipé. Les arbres torturés ondulaient dans les bourrasques. Un vieux aux cheveux rares parlait des jours passés à un dogue à l'odeur fétide. Je somnole et je regrette l’instant où j’ai ouvert une ébauche de paupière. A cet instant précis, je comprends tout, les végétariens, les végétaliens, le lsd, les antidépresseurs, l’alcool, les salles de fitness, l’obésité morbide, les excès de gras ou de vitesse, l’anorexie mentale, les dépressives shootées au sommeil, les travailleurs inconscients, le yoga, le bouddhisme, la zenitude, les grévistes plantés, les ravis de la crèche, la pétanque, les mondains, les demie mondaines et les demie molles, les punks, les clochards insoumis, les contrôleurs fiscaux, les racistes intolérants, les antiracistes intolérants, un raélien ancré dans le réel, les communistes, les socialistes, les pollueurs, les écologistes, les sionistes, les illuminés, les révisionnistes, les terroristes, les inconditionnels de Houellebecq, les chtis de la télé-réalité, la pédophilie en famille, la pizza sans fromage, les pandas albinos, les collectionneurs de crotte de nez, Zemmour, Sarkozy, Nabila, Ribéry, Valérie Trierweiler, Arthur, Depardieu et tous ces cons ces abrutis finis qui errent avec un but abscond. Je somnole et je regrette l’instant où j’ai ouvert une ébauche de paupière. Un vieux aux cheveux rares parlait des jours passés à un dogue à l'odeur fétide. Les arbres torturés ondulaient dans les bourrasques. Les jupons des rares passantes s'envolaient de rafale, mouillé de quelques gouttes, comme un parfum dissipé. Un cri étouffé perdu dans les jappements d'un pygargue, sous un ciel détrempé rythmé par des sternes qui dessinaient un linceul d'été à un jour glacé.


Le con, la pute et le puant, le nouveau Western (de Tarantino)

dans la catégorie Sortie Vinoche

8-salopards-tarantino-une.jpgDéjà, le film m'avait saoulé avant même d'être sorti. Le scénario avait fuité malencontreusement et sa majesté Tarantino s'en était scandalisée publiquement! Le film lui-même avait fuité sur le net, les auteurs de la fuite s'étaient excusé platement, pirater Tarantino était une faute morale impardonnable. Déjà, dès le générique, le père Tarantino nous étale sa mégalomanie en nous rappelant qu'il s'agit de son huitième film. Mettre le mot huit dans le titre quand c'est ton huitième film, quelle idée de génie, il y aura même des gens pour trouver ça intelligent. Le prochain s'appellera les 9 fils de pute et le dernier aura pour titre: 10 de der, la sombre histoire d'une partie de belote qui tourne mal et finie en dezingage général. Comme si notre vie était suspendue à son décompte aussi filmeux que fumeux, comme si on devait se résigner à devoir se passer de Quantinnnne le génie. Le type est supposé s'arrêter à dix films et ne s'arrêtera surement pas, comme la mère Besson, il continuera à faire du fric. Moi, je dis qu'un réalisateur qui gâche un générique de Morricone en nous jetant son CV à la gueule n'a rien compris aux films de Sergio Leone.

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Nuit et débrouillard

dans la catégorie Notre vin quotidien

994683502.jpgIl y avait tellement de brouillard ce mardi-là qu’on aurait tout aussi bien pu être mercredi matin, je ne m'en serais pas rendu compte. Ma femme darda sur moi son regard mi énigmatique, mi mystérieux et me dit tout de go : "c'est à cette heure-ci que tu te lèves, tu ne bosses pas aujourd'hui?" Elle ne saisissait pas toute l’intensité dramatique du moment, si elle l’avait fait, il aurait lâché une de ses phrases dont elle a le secret et qui sont plus belles qu’un coucher de lune à Honfleur, avec des adjectifs chatoyants et tout le toutim. Mais là, non. "Je me suis couché tard" répondis-je, sans laisser paraître le trouble grandissant qui croissait en moi pendant qu'au fond de moi pleuvaient les larmes amères de l'amertume. Je n'osai lui avouer la terrible réalité, une AG vineuse qui s'était terminée tard, très tard, et passablement avinée, ce qui est relativement normal pour une réunion avineuse. Bon, faut quand même que je me mette au boulot. Un pitch, vite, un pitch.

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À quelle heure passe le dernier bus pour le côté obscur de la corse?

dans la catégorie Humeurs et gueule de bois

StarWar2.jpgIl y a des matins comme des chaussures beaucoup trop petites et aujourd'hui, s’en est un. La journée a commencé sur un malentendu. Je me suis pris la tête avec ma boulangère. Elle a beau avoir de belles miches, elle a parfois les esgourdes enfarinée. J'ai commandé un croissant aux amandes, je raffole des croissants aux amandes, et la michetonne me donne un chinois et une lotion capillaire. - Que veux-tu que je fasse avec un Chinois? - ai-je demandé à la mitronne.
- T'as qu'à lui frotter la tête avec la lotion… Ducon - me répond la fournière.
- Ça va être difficile, il n'a pas de cheveux ton Chinois, d'ailleurs, il n'a pas de jambe non plus, comment je vais faire?
- Arrête de te plaindre le gros, tu prends ton chinetoque et tu me lâches les baguettes, j’ai pas que ça à faire, j'ai du pain sur la hanche et un gagne-pain à faire tourner.
Du coup, je me retrouve en tête à tête avec le chinois.

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Dans l'antre de la sagesse

dans la catégorie Notre vin quotidien

Pour aller le voir et profiter de sa sagesse, j'ai marché plusieurs jours et plusieurs nuits, j'ai traversé une forêt aux pentes abruptes et une montagne ténébreuse, sous des averses brûlantes et un soleil battant la chamade. Harassé, épuisé, fourbu et quelque peu fatigué, j’aperçus sa cabane, je touchais au but et décidai de passer sous silence le fait qu’un taxi m’y avait déposé. La cabane était vétuste, elle dégageait une atmosphère de sérénité, de quiétude et de méditation qui contrastait drôlement avec le magasin de souvenirs adjacents où s'empilaient des ouvre-bouteilles made in Taiwan et des caisses en bois. Aucun doute possible, j’étais bel et bien dans l’antre du vieux sage St Johanais. Celui qui avait enseigné son savoir à tous les vieux sages tibétains, chinois, Boukistanais et même à celui de fort Boyard. "Entre, je t’attendais", me dit sans tambour ni trompette une voix qui semblait sortie du fond des abimes. J'essuyai mollement mes "Berluti" sur le paillasson où était écrit : "N’engueulez pas le patron, la patronne s’en charge". Le temps de refreiner mon envie de fuir dans la nuit comme un cheval au galop, le temps pour mes yeux de s'habituer à l’obscurité et je découvrais l'intérieur de l'antre du sage. Les murs de l’endroit étaient tapissés de carton humide, vestige de St Julien et de St Estèphe, icônes du vieil Ermite âgé.

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2017, divine comédie … Vas au bistro Satanas …

dans la catégorie Rencontres Amicales

bonneresolution2.jpgEn ce début d'année 2017, même si je ne tiens pas formellement à te foutre les boules, mais je sais une chose importante, une chose indispensable, je sais que, sur cette planète, ce qui s’élève doit forcément retomber. Inévitablement. C'est aussi vrai pour les emmerdes que pour la merde. Si je n'avais pas l’insouciant optimisme solidement chevillé à l’esprit, il faut bien avouer que ce début d’année 2017 me remplirait d’angoisse. Pas tant par les événements que par la manifeste incapacité des dirigeants à penser le monde de façon pertinente, différente, des gouvernants en état d’hébétude intellectuelle. Plus ennuyeux peut-être encore est le fait que ceux qui devraient avoir quelques lumières, les journalistes, les économistes, les philosophes, sont dans le même état. Il est donc indispensable que nous prenions les choses en main, que nous prenions de bonnes résolutions, des résolutions précises. Pour ce qui me concerne, ce sera "1920 x 1080" pour mon PC et "750 x 1334" pour mon téléphone. Mais attention, les bonnes résolutions sont sataniques. C'est Satan en personne qui a inventé le concept!

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Vivement 2017

dans la catégorie Inclassables mais classés

10437710-bonne-annee-2017.jpgQuel sera le scenario de 2017? Je ne sais pas vous, mais moi, ça me fout les miquettes. Va-t-on vers un scenario à la Kubric ? Genre docteur Folamour, un rain man, un malade mental comme Trump, qui a cassé la baraque, assis sur une ogive nucléaire, ça faire frémir, faut savoir dire stop, remets-moi Johnny Kidd. Au point où on en est, on ne serait même pas surpris de voir Daesh s'allier à Trump pour ériger des murs et faire péter la planète. Mais, heureusement, Jack Bauer s'allierait avec Bruce Willis et la poste pour nous sauver les miches, comme dans 24h Chronopost. C'est peut-être en 2017 que disparaitrons les roux et abeilles, nous plongerions dans le cannibalisme, comme dans soleil vert. J'imagine l'Ermite âgé en Pepito, ça fait froid dans le dos… Ou alors un film catastrophe, tornade, tsunami géant comme dans la vague. En France, en prend le chemin d'un scenario à la V comme Vendetta, avec une Marine Nationale au pouvoir, un Zemmour sinistre de la culture et moi dans la clandestinité. Ou alors un scenario à la War Z ou Walking Dead, les zombies seraient remplacés par des réfugiés afghans ou Syriens, voire même les premiers réfugiés climatiques. La pollution du capitalisme et de la mondialisation engendre des réfugiés. D'ailleurs, les mots de 2016 ont été: réfugié, attentat, burkini, radicalisation, primaire, laïcité, populisme, migrant. L'autre mot très entendu en 2016, c'est deuil! Deuil de ceux qui nous ont quittés, mais surtout, deuil d'une grande partie des utopies, des évidences de ma génération. L'Europe, la peine de mort, la fin du populisme, de l'antisémitisme, de la ségrégation, l'évidence que le monde, le truc qu'on appelle ONU, était capable d'intervenir pour faire régner la paix. 2016 a été la preuve que tout cela n'était pas acquis, qu'il fallait se battre encore et toujours. La nostalgie est de retour! La grande Russie, la grande Amérique, le brexit, le repli identitaire, le communautarisme sont le fait de nostalgiques. On est loin de Franck Capra, de la vie est belle et de Monsieur Smith au Sénat. Ceux qui regardent derrière eux et jugent, ne se rendent pas compte que cette attitude est vaine, sinon qu'elle juge ceux qui jugent. On vivra peut-être le scenario des hommes et des dieux, même si je préfèrerais mieux celui de la vie de Brian. J'ai toujours préféré les Monty Python à tous les prédicateurs. Comment expliquer que certains se réfèrent à une religion, à Dieu, pour prôner la mort. Toutes les certitudes sont nocives. Mais le problème n'est pas religieux, il est communautaire. La religion n'est pas de retour, elle n'a jamais disparue. Nous nous battons alors que toutes les religions monothéistes se réfèrent à un même personnage, Abraham, père des croyants, le premier des patriarches et l'un des prophètes. La religion est devenu un refuge pour les exclus, pour ceux qui ne se reconnaissent plus dans ce monde, dans ses frontières imposées. A moins que les Monty Python ne reviennent nous apprendre le Sens de la vie, ou que rien ne change et que nous restions sur la planète des singes… Bonne tannée 2017


Petit caca noël

dans la catégorie Notre vin quotidien

cupcake_caca.jpgY’en a qui bossent, même pendant les périodes de fêtes! Et je fais partie de ces gens! Bon, je bosse chez moi en slip kangourou et chaussette de laine, mais je bosse quand même. Comme tu le sais peut-être petit canard psychopathe qui, dans les prochains jours, va ingurgiter le double de son poids en foie gras, je suis vraiment à chier pour offrir des cadeaux, pire que le père Noël! C'est dire. Cette année, pour noël, c’était une nouvelle fois une véritable catastrophe. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, si oui, vous êtes des gros malades qui z’avez pas de vie sociale, mais les autres années, c'étaient pareil. Cette année, j'ai offert des cupcakes à mes amis. Pas n'importe quel cupcakes, des cupcakes en savon, pour se lustrer sous la douche ou dans sa baignoire. J'aime que mes amis brillent. Résultat des courses, ils les ont bouffés et ils ont pété des bulles pendant trois semaines. On a les amis qu’on mérite. J'avais également pensé au livre d'Emmanuel Macron, faut bien qu'il vive ce pauvre petit, un gastro ou une gastro, au choix, deux places pour le spectacle post-mortem de George Michael ou bien un séjour d’une semaine en Syrie pour faire le djihad. Ça peut être rigolo. J'ai un max d'idées, mais j’ai préféré les cupcakes de merde au savon. Allez, va te laver, tu pues. Et joyeux noël !

Nicolas Joly Clos de la Coulée de Serrant 2005

A l'ouverture, un nez bizarre, hydrocarbure, réduction, bouchon? Pas très engageant. Après carafage, des fruits jaunes, de la pomme cuite, du miel, des épices, mais rien de transcendant. En bouche, c'est puissant, limite alcooleux, heureusement l'acidité est haute, mais l'équilibre est discutable. Belle petite longueur. Pas convaincu. Bien

Boisrenard Châteauneuf-du-Pape blanc 2004

Beau nez, assez subtil, pas trop puissant, de mirabelle, de miel, acacia, bonbon, paille et un très léger oxydatif. La bouche est vive, étonnamment fraiche, belle matière parfaitement équilibrée par une jolie acidité qui porte une finale sur les fruits jaunes. Très bien

Azienda Ceretto Bricco Rocche 2004bricco_rocche.jpg

Superbe nez de framboise, fraise, cerise, muscade, cuir, café, épices et clou de girofle. La bouche est pleine, généreuse, les tannins sont souples, la fraicheur maintient l'équilibre avec une longue persistance sur des notes de café crème. Un excellent Barolo qui peut sans problème se garder encore. Excellent


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